SOUS
LE NEZ DE L'OCCUPANT.

Les Allemands se sont installés dans les beaux quartiers de l'Ouest parisien.
Encerclés par l'ennemi, les résistants se fondent dans le décor.
97, rue du Ranelagh
- Mars 1941
Alsacien de souche, Robert Schilling considère comme essentiel que les soldats de la Wehrmacht soient informés des déboires du Reich notamment sur le front Russe.
Grâce à sa femme, le résistant intègre les groupes parisiens de Robert Guédon, l’adjoint en zone nord d’Henri Frenay, fondateur du Mouvement de Libération Nationale.
Fondateur et rédacteur en chef d’une feuille clandestine à destination des soldats allemands
Unter Uns, il assure la réalisation de six numéros courant 1941.
Jean Madeline, membre des groupes Guédon, demeure au 97, rue de Ranelagh - Là il ronéotype la feuille clandestine et recueille les renseignements.
Unter Uns peut alors être diffusé à Paris : La nuit, des exemplaires sont jetés par-dessus les murs des casernes.
Robert Schilling décide de résider rue du Ranelagh et parallèlement devient à l’Hôtel Majestic, interprète du patron du service économique du MBF, ainsi il peut transmettre des informations de première main, notamment concernant l’organisation de la main mise allemande sur l’économie française. Toutes ces informations sont recueillies 97 rue du Ranelagh et retransmises à partir de ce lieu aux différents groupes de résistant qui en font écho dans leurs tracts respectifs.
Mais en octobre 1941, la trahison livre à l’ennemi les 2 occupants, et la parution d’
Unter Uns cesse définitivement.


95, rue Mozart
- Septembre 1942 En cet automne 1942, la Confrérie Notre Dame du colonel
Rémy prend son assise. Les relations avec l’Org
anisation
civile et militaire du colonel Touny ne vont pas tarder à porter leurs fruits.
Il importe pour les chefs importants de la Résistance, d’avoir un lieu, à
l’écart de toute activité clandestine qui puisse servir de repos. Le 95 avenue Mozart en est un.
Sur la demande de Max Petit, son frère Jacques Petit (blessé grièvement lors de
la campagne de France ) et sa femme mettent leur appartement à la disposition du
colonel – Seuls le colonel et les
Petit dont Max (qui avait été envoyé à Londres en Octobre 1942), connaissaient
l’adresse de la rue Mozart. Ce qui fut le garant de leur survie.



Angle de la Rue la Fontaine et de la rue des Perchamps.
- 6 Septembre 1941
Le soir du 6 septembre 1941, l’officier allemand Blatius Hauffmann,
se promène, en la tendre compagnie d’une jeune française - L’adolescent Andre Kirshen, ainsi que Pierre Tourette et Bernard Laurent, des jeunesses communistes, sont prêts.
André tire deux balles à bout portant sur l’Allemand, qui s’effondre mort. La
jeune femme prend la fuite.
Lorsque André – Il a 15 ans –
retrouve ses compagnons rue Georges Sand, il leur dit laconiquement : « Il y
a deux balles de moins dans le revolver ».



22 avenue de Versailles
- Novembre 1942
Simon Cukier, alias Alfred Grant -
Cadre de la section juive
de la MOI - (Main d’Oeuvre Immigrée),
est responsable du service technique et plus
particulièrement, du réseau des imprimeurs clandestins. Il installe son bureau
fin 1942 au 22 avenue de Versailles.
Siimon Cukier et sa femme Rachel y
emménagent. Le bruit d’une machine à coudre couvre celui des ronéos. Paula Zalziengowski vit également avec eux.
Assistante de Rachel, chargée de la diffusion des paquets de feuilles
clandestines, elle se fait passer pour une domestique.
Mais depuis le 12 mars 1943, la 2ème brigade spéciale (BS2) prend en filature un agent « Louisette », qui se sépare, rue du Ranelagh, de « Boulaine »
(Noms donnés
par les fileurs) - « Boulaine » reçoit un paquet , en fin
d’après midi, devant l’église d’Auteuil - "Boulaine" qui n’est autre que Paula est
suivie et vue rentrer au 22 avenue de Versailles.
Alfred Grand, tombe le 19 mars 1943 dans une souricière
tendue par le commissaire Sandovski, de la 3ème section des
renseignements généraux rue Molitor.
Le 22 mars 1943, la filature de la BS2 reprend et à 12h30,
« Boulaine » et une femme « coiffée d’un grand turban rouge et noir»
dont la «
mise est très soignée » et qui semble être locataire de l’immeuble (« Rachel »)
– se rendent au 22 avenue de Versailles, prenant le deuxième escalier pour le
3ème étage, porte de gauche.
Fin mars 1943, Paula Zelmanovich est arrêtée par les policiers de la 2ème Brigade spéciale rue Pierre Louys.
